Ah tu verras !

28 juillet 2018

Politique de provocation

Les luttes sociales, bien qu'insuffisantes pour contrer la politique anti-populaire des macronnistes, sont une épine dans le pied du président Micron.

Les provocations-utilisations des violences lors des manifestations sont évidentes. On a voulu discréditer le mouvement social en lui attribuant la responsabilité des violences. L'argumentaire gouvernemental s'est beaucoup servi de ce thème.

Or quand on regarde les vidéos des manifs prises sur le vif on voit que la violence est d'abord policière et que cette violence est la conséquence de consignes données au niveau politique : il faut intimider et provoquer.

Dans ce contexte on comprend mieux les agissements de Benalla et de Crase, les deux pieds nikelés qui se prennent pour les chefs suprêmes de la police et on comprend mieux l'attitude des vrais policiers qui se laissent diriger par Benalla : ils ont des consignes et Benalla et Crase les commandent selon ces consignes. Le commissaire Mizerski, vrai policier haut gradé présent lors des faits reprochés aux deux cowboys élyséens est d'une passivité qui est en fait un encouragement. Il explique qu'il "ne concevait pas de faire la moindre observation à celui qui était, à ses yeux, un personnage de première importance".

Il est donc clair que :

1) les consignes étaient provoquer, intimider ;

2) que ces consignes étaient données au plus haut niveau.

Le président Micron fanfaronne sur un ton mussolinien en disant qu'il est le seul responsable en voulant, par cette bravade, réduire l'affaire à un petit problème sans importance que l'opposition monte en épingle.

Oui, il est responsable en chef, mais pas le seul. Les ministres, à commencer pr Collomb et Castaner, sont responsables. Les députés "La République en Marche (arrière)" qui sont godillots jusqu'à la caricature, tous ceux qui encouragent Micron dans sa ridicule posture "jupitérienne" sont responsables.

L'affaire Benalla est le symptôme d'un grave dysfonctionnement de l'exercice du pouvoir.

Il est aussi le révélateur d'une politique basée sur le mépris de la République et du peuple.

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16 juillet 2018

On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre.

J'avance une hypothèse pour répondre à une question.

Pourquoi la majorité du peuple qui souffre de la politique au service des capitalistes et qui aurait beaucoup, tout à gagner dans la politique que nous, anti-capitalistes, préconisons, pourquoi donc elle nous fait défaut politiquement ?

Serait-ce cette impression que beaucoup d'entre nous soyons perçus comme des donneurs de leçon, des directeurs de conscience illégitimes, des dispenseurs du "savoir bien penser" ?

Serait-ce cette façon de mépriser les occasions d'avoir de la joie collective ?

Oui, nous savons comment la joie collective à l'occasion d'une victoire politique ou syndicale est d'un goût incomparable. Mais pourquoi faire comme si seules ces joies collectives seraient dignes.

En somme, serait-ce cette manière de se montrer pisse-vinaigre, particulièrement mise en évidence pendant le Mondial de football, qui peut faire craindre à la majorité du peuple qui nous fait défaut que nous préconisons une société sans joie ?

 

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21 juin 2018

Être définitivement humaniste : combattre le capitalisme.

Les mauvais médecins combattent les symptômes et ignorent les causes. C'est ainsi que l'on peut voir les prises de position majoritairement mises en valeur dans les médias dominants en ce qui concerne la problématique du mouvement migratoire.

Des populations relativement importantes (en valeur absolue, par rapport à la population mondiale ce n'est pas une marée irrésistible...) se déplacent et cherchent dans d'autres pays un mieux vivre, plus de liberté, le salut face à des menaces mortelles.

Tout d'abord il faut accorder à ces populations tout ce que le droit humanitaire que la France, les USA, les pays européens sont si prompts à se vanter de défendre et de représenter. Les "valeurs", "l'état de droit", sont les éléments de langage très utilisés par les pays dominants. Qu'ils les appliquent donc en ce qui concerne l'accueil des migrants.

Il faut ensuite diagnostiquer les causes de cet état de fait.

Les pays dominants s'immiscent dans les affaires des autres pays dominés économiquement. Les pressions économiques sont flagrantes. Les ingérences se font sans aucune retenue. On bombarde, on mène des guerres plus ou moins ouvertes, on soutient des despotes qui sont à la solde des grandes compagnies capitalistes et exploitent leurs peuples au profit des ces compagnies.

Quand on sait comment les États Unis interviennent depuis des décennies en Amérique Latine pour favoriser leurs intérêts économiques on ne peut qu'être révolté par l'idée d'un mur anti immigré à la frontière avec le Mexique.

Quand on sait comment la France intervient militairement dans plusieurs pays d'Afrique on ne peut qu'être révolté par les propos et agissements de notre président et de notre ministre de l'intérieur : expulser, refouler les migrants est leur obsession.

Il est urgent de modifier en profondeur la nature des échanges internationaux, particulièrement avec l'Afrique et l'Amérique Latine.

Les pays dominants doivent arrêter le pillage économique. Il faut promouvoir des échanges bilatéraux sur la base d'intérêts communs. Il faut cesser l'ingérence économique et politique et donc cesser les interventions militaires sans mandat légal de l'ONU.

Il faut donc combattre le capitalisme.

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14 mai 2018

Dauphiné-Libéré et Echirolles

Voici un exemple des méfaits d'un journalisme sans déontologie. Je consulte presque quotidiennement sur le site du Dauphiné-Libéré les articles concernant la ville d'Échirolles.

Un article sur le budget de la municipalité fait référence à l'appréciation de la Cour Régionale des Comptes. Le sous-titre de l'article est "Il y aura probablement le dépôt d'une plainte". Tout juste si on ne nous dit pas qu'il y a corruption caractérisée et que le maire sera mis en examen...

Une recherche sur internet me donne accès au rapport de la Cour Régionale des Comptes. Je lis un rapport mesuré qui met l'accent sur un certain surendettement de la commune, sur des choix discutables d'un point de vue politique, mais pas d'un point de vue moral.

Dans cette recherche je trouve la réponse du maire, argumentée, faisant état des difficultés de la population de la ville, dont le revenu moyen est faible, ce qui explique certains choix budgétaires.

Je trouve donc une controverse politique normale entre institutions, Cour Régionale d'un côté, municipalité de l'autre, qui font valoir leurs points de vue normalement différents.

Mais il n'y a aucune mention de malversation, de corruption, de gabegie dans le rapport de la Cour Régionale.

Le Dauphiné-Libéré devrait être poursuivi en diffamation pour son article malveillant.

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06 mai 2018

Si le "chat" n'est pas un chat...

"La manifestation soutenue par les formations de gauche hors PS", sous-titre d'un article de l'Humanité du 6 mai 2018 à propos de la "Fête à Macron", me fait réagir.

Mal nommer les choses c'est ajouter aux malheurs du monde : continuer à considérer que le PS est une formation de gauche est une grave erreur politique. Avoir conclu des accords électoraux avec ce parti pendant le quinquennat de François Hollande a été une grave faute politique.

L'unité n'est pas un but en soi. C'est un moyen pour combattre politiquement la politique du capital financier. On ne peut pas s'allier avec un parti qui a bien œuvré, en France et en Europe, pour mettre en place la politique néo-libérale voulue par l'oligarchie financière.

Il faut définitivement considérer que le Parti "Socialiste", qui est presque un astre mort, ne fait pas partie de notre camp anticapitaliste.

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26 avril 2018

La haine de la guerre, la haine des médias

La haine de la guerre et la dénonciation de la politique d'armement de notre pays, dans sa conception et dans ses débouchés, peut-elle signifier la haine des salariés, ouvriers, techniciens, ingénieurs, qui travaillent dans l'industrie de l'armement ? Ce serait très niai de croire cela.

La haine des médias dominants qui manipulent l'information, qui font de la propagande, qui imposent un modèle idéologique, qui disqualifient tout projet opposé à ce modèle, qui dénigrent les mouvements revendicatifs de salariés, qui, finalement, imposent des choix politiques, peut-elle signifier la haine des journalistes ?

Pourtant c'est ce que l'on a voulu faire dire à la France Insoumise.

Combien de fois j'ai vu utiliser le néologisme "merdias" par celles et ceux qui ont saisi l'occasion pour attaquer Mélenchon.

Oui, je hais les médias dominants, je dénonce les manquements déontologiques des journalistes dominants, les médiacrates, mais je suis convaincu que la mission des journalistes, une information libre et pluraliste, est une impérieuse nécessité.

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15 avril 2018

Fiction ? Oui mais...

Scène I

-Allo Vlad, salut c'est Donald. Tu sais, le coup du bombardement chimique, ils me disent que c'est sûr, c'est ton copain Bachar.

-Salut Donald, da, on te dit que c'est Bachar mais tu sais qu'il est à deux doigts de finir le boulot, alors, le bombardement chimique, ça tient pas la route.

-Yes Vlad, je comprends, mais tu sais, ici ils me tiennent les jarrets comme des chiens avec l'affaire de l'aide que tu m'aurais donnée pour mon élection, je ne peux pas me permettre de ne pas réagir...Il faut que je bombarde un peu, pour la forme, enfin, pour la forme... On va tout de même envoyer des missiles.

-Vous, les amerloks, vous êtes toujours pareil...Comme dans les films de cowboys, le doigt sur la gâchette. Attention aux dégâts collatéraux, je ne peux pas me permettre d'avoir des russes tués. Vise bien...

-Je vais demander, enfin, exiger de Mac Ron et de Theresa qu'ils s'associent à l'attaque, ça aura plus de gueule et on ne pourra pas m'accuser de faire tout seul le gendarme.

Scène II

-Allo Mac Ron, ici Donald. Alors tu as entendu, on peut bombarder Bachar, enfin, envoyer quelques missiles. Si je ne faisais rien on m'accuserait d'être tendre avec les russes, mais on ne peut pas les taper directement, alors Bachar ça fait l'affaire et Vlad n'en est pas trop fâché, ça lui permet de rouler un peu les mécaniques, c'est comme ça que vous dites en France ?

-Bonjour mon cher Donald, vous permettez que je vous dise mon cher ? Vos désirs sont des ordres et en plus ça m'arrange pas mal en ce moment. Des grèves partout, chute dans les sondages...J'ai voulu montrer un peu les muscles à Notre Dame des Landes mais ça n'a pas fait beaucoup diversion, au contraire. À propos de diversion, samedi il y a un grosse manif prévue contre moi à Marseille, si on bombardait juste avant ce serait un bon coup médiatique.

-I don't understand ce que tu mes racontes, montrer tes muscles à ta dame...Enfin, si ça peut t'aider, on bombarde vendredi dans la nuit. J'en parle à Theresa. Mais tu ne m'envois pas de la camelote, je veux des missiles sérieux.

-Oui mon cher Donald, ce sera du premier choix, et mes constructeurs d'armes en seront ravis.

Scène III

-Allo Theresa, darling, ici Donald. Ton affaire d'attentat chimique ça n'a pas fait suffisamment de diversion dans tes problèmes politiques internes. Que penses-tu d'un bombardement en Syrie ?

-Hello Donald, oui, ma situation politique n'est pas très bonne et virer quelques diplomates russes n'a pas suffi à l'améliorer. Je te promets une bonne rasade de missiles pour accompagner les tiens. On ne dira pas que je fais moins que notre regrettée Thatcher.

Scène IV

Les puissances occidentales, dans leur volonté de défendre les valeurs de la démocratie et de lutter contre les dictateurs criminels, bla, bla, bla...

 

 

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13 avril 2018

Une petite mésaventure pour moi, une grande pour beaucoup de monde

Retraité de l'Éducation Nationale, j'exerce une activité-loisir : je fais de la musique. Voulant être en règle, j'ai ouvert un compte à l'URSSAF pour déclarer les revenus occasionnés par cette activité musicale.

Pour l'année 2016 j'ai déclaré 800€ de revenu et 1380€ pour l'année 2017.

Depuis mai 2017 je suis en butte avec un organisme de retraite des indépendants, la CIPAV, qui me réclamait 2700€ de cotisations pour l'année 2016.

Vous imaginez le nombre de démarches, écrites ou au téléphone, un rendez-vous à une permanence à Lyon, la saisie du défenseur des droits, la consultation d'un avocat, pour essayer de comprendre comment on peut demander en cotisation plus que le revenu déclaré.

Après tout cela j'en suis à devoir à la CIPAV 960€ (pénalités de retard comprises) et je dois 150€ à l'avocat.

Les explications : tout travailleur indépendant doit à la CIPAV 460€ au titre de la retraite de base et une cotisation calculée sur le revenu au titre de la retraite complémentaire. Et il y a des lois pour cela d'après l'avocat consulté.

Il semble, mais ce n'est pas encore définitif, que je puis échapper à la cotisation retraite complémentaire vu le faible revenu déclaré. Il a fallu consulter un avocat pour savoir qu'il est possible de demander la remise totale de la cotisation retraite complémentaire, les innombrables démarches, miennes et du défenseur des droits, n'avaient pas pu m'avoir ce renseignement.

Mais la cotisation au titre de la retraite de base est inévitable, donc 960€ pour 2180€ déclarés (cumul 2016 et 2017). J'ai déjà payé 450€ au titre de la Sécurité Sociale et des Allocations Familiales. On peut parler de confiscation de revenus.

Pour moi l'affaire reste seulement désagréable, mon activité musicale est un loisir. Mais pour celles et ceux qui veulent exercer une activité indépendante cela peut être catastrophique ou, pour le moins, démotivant.

Remarque : les exigences de la CIPAV découlent de lois votées en 2015. Merci au président Hollande et au ministre Macron.

Le fameux bouclier fiscal n'est fait que pour les riches.

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Système pyramidal

On connait ces jeux de société qui font miroiter des gains faramineux : vous versez une somme d'argent pour entrer dans le jeu et vous devez, pour gagner, trouver des volontaires qui entrent à leur tour dans le jeu. Les mises successives permettent de payer les gains. Mais il est clair que si chaque entrant doit trouver trois ou quatre entrants, un calcul mathématique simple montre que très rapidement le jeu est bloqué, le nombre de personnes impliquées devient vite astronomique. Seuls les premiers initiateurs du jeu sont sûrs de gagner. Ces jeux, qualifiés de pyramidaux sont interdits mais ils continuent sous différentes formes à gruger des crédules. Parfois ces escroqueries se donnent une parure humanitaire, contre l'excision, pour l'ouverture d'orphelinats, pour promouvoir des activités culturelles...

 

Le capitalisme financier tel qu'il fonctionne aujourd'hui ressemble beaucoup à un système pyramidal. Mais les entrants dans le système boursier, petits porteurs, ne sont pas ou plus en mesure d'assurer la distribution de dividendes. Pour alimenter les profits boursiers il faut exploiter encore plus les travailleurs, les salariés, les classes moyennes. Ou, les deux n'étants pas incompatibles, faire éclater la bulle financière et mettre lourdement à contribution les petits actionnaires, voire les ruiner.

 

La crise c'est cela : un système pervers, en bout de course, qui ne peut se maintenir que parce que les oligarques ont les moyens politiques d'imposer l'exploitation et la confiscation.

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19 mars 2018

Ligne politique tortueuse

Une vidéo a circulé récemment sur Facebook montrant J-L Mélenchon en 2002 se prononcer pour l'union de la gauche à la présidentielle, critiquant les candidatures de personnalités de gauche qui allaient affaiblir le candidat Jospin. L'intention de la vidéo était de montrer que Mélenchon a changé de discours, qu'il est inconséquent. Sur la forme de cette intention relevons le ridicule de comparer les positions à plus de seize ans d'écart sur des situations complètement différentes. Sur le fond, les partis et mouvements qui avaient soutenu le gouvernement Jospin, en particulier le Parti Communiste qui avait participé à ce gouvernement, et qui présentent des candidats contre Jospin ne sont pas très soucieux de la compréhension que leur électorat, et l'électorat en général, peut avoir de leur ligne politique. Le résultat catastrophique de la présidentielle de 2002 fut au rendez-vous de l'incohérence.

Dans la suite de l'incohérence de la direction du Parti Communiste on peut se rappeler les élections municipales de 2014. Après avoir formé le Front de Gauche, avoir soutenu J-L Mélenchon en 2012, la ligne politique se brouille. La juste critique de la politique Hollande, qui aurait mérité plus de sévérité, s'accompagne d'accords honteux dans plusieurs villes importantes dirigées par des socialistes. L'argument, irréel d'incongruité, c'est qu'il s'agit de politique locale, alors que la politique Hollande affaiblit lourdement les finances locales. La gestion des élections régionales qui ont suivi est restée dans les mêmes ornières : l'électeur est largué entre alliances avec un Parti Socialiste, dont on combat à juste titre la politique nationale de son gouvernement, et mésalliance avec des formations politiques dont on partage les justes combats.

Passons à la dernière élection présidentielle. Début 2016 la direction du Parti Communiste semble se conformer à l'idée d'une primaire de toute la gauche. Ce choix, opportuniste, vise une possible victoire de Montebourg avec qui il serait possible de gouverner ensuite. Mais J-L Mélenchon n'est pas d'accord avec cette idée de primaire. Pendant plusieurs mois la direction du Parti Communiste a essayé de faire pression pour que J-L Mélenchon participe à la primaire. Il a fallu un vote des adhérents pour que le Parti Communiste soutienne officiellement la candidature de J-L Mélenchon, ce vote allant à l'encontre d'un vote des instances dirigeantes : on peut appeler cela démocratie, mais un minimum de cohérence ne ferait pas de mal. Cette incohérence a continué tout au long de la campagne électorale. En novembre un document d'économistes du Parti Communiste s'intitule "Le programme de Mélenchon va à l'encontre de ce pourquoi nous combattons". Curieusement et heureusement ce document est resté confidentiel mais sa parution est tout de même significative d'incohérence et de plus dans une forme inacceptable : on qualifie J-L Mélenchon de national-populiste.

L'Humanité fait un service minimum de soutien au candidat choisi par la base communiste. Exemple : un des thèmes principaux du programme de Mélenchon est l'écologie. Pendant toute la campagne sur le site du journal on voit en bonne position une vidéo de Gérard Le Puill, spécialiste (autoproclamé ?) d'écologie, expliquer que les propositions de Mélenchon sont foutaise.

Depuis l'élection de Macron les positions du Parti Communiste et de la France Insoumise divergent. La France Insoumise soutient que l'unité doit se faire dans les luttes, sur des objectifs clairs. Mais une unité de sommet entre organisations ne peut s'envisager que si on a des positions communes sur des sujets fondamentaux. L'Union Européenne, le nucléaire, l'Assemblée Constituante en sont certains sur lesquels il n'y a pas de consensus.

Les divergences sont faites pour être surmontées mais pas pour être cachées.

L'incohérence est peut être le résultat d'une ligne politique tortueuse sous l'effet d'un déclin inexorable.

Le communisme politique est à réinventer.

 

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09 mars 2018

Comprendre le dégagisme

Printemps arabe 2011 en Tunisie : les manifestants scandaient "Dégage !" à l'adresse de Ben Ali.

Dans tous les pays le dégagisme est à l'œuvre sous diverses formes. Brexit, élection de Trump, "nettoyage" au sein du pouvoir familial en Arabie Saoudite, résultats électoraux surprenants dans plusieurs pays européens, création de mouvements politiques utilisant le concept dégagiste pour contester le pouvoir capitaliste. L'élection de Macron est d'une certaine manière une réaction dégagiste de l'électorat (50% d'abstentions tout de même) : on dégage Hollande, le P"S" et la droite.

L'élection de Macron n'est pas le seul dévoiement du dégagisme. Remarquons que l'extrême droite récupère et dévoie les thèmes sociaux et dégagistes. Remarquons aussi que certains mouvements "dégagistes" n'ont pas de base idéologique anticapitaliste. Aussi, dans la phase actuelle, les résultats électoraux, par exemple les derniers en Italie, ne sont pas satisfaisant.

Il y a d'autres dévoiements du dégagisme. En Tunisie les progrès démocratiques se font attendre et le pouvoir est dans des mains peu recommandables. En Grèce A.Tsipras a été le premier à utiliser et à réussir le dégagisme, "socialistes" et droite ont été battus, mais il a cédé à l'intransigeance de l'Union Européenne, il sera lui aussi probablement dégagé.

Ces considérations nous permettent de caractériser la motivation dégagiste des peuples.

La crise actuelle du capitalisme est une circonstance aggravante de l'exploitation. Des classes sociales de plus en plus nombreuses sont appauvries. La baisse du niveau de vie s'accompagne de conditions d'existence dégradées : logement, santé, éducation, transports, malbouffe, ecologie. La réponse (non réponse) du système est une fuite en avant de la financiarisation de l'économie et donc de l'aggravation des problèmes sociaux.

Dans tous les pays où le pouvoir de la finance doit tout de même compter avec le suffrage universel, les partis sociaux-démocrates et les partis de droite se sont fait la courte échelle pour, dans une alternance au pouvoir, suivre avec zèle les injonctions des puissances financières. L'alternance sans alternative, l'idée inadmissible qu'il n'y a pas d'autre politique possible que celle imposée par la finance font que les élections deviennent l'occasion d'éliminer ces politiciens qui sont aux manettes depuis longtemps et qui, par leur docilité envers la finance, semblent n'être intéressés que par leur place. L'abstention massive est aussi un signe dégagiste (malheureusement passif) : les politiciens au pouvoir disent qu'ils ne peuvent rien contre la finance mondialisée (l'État ne peut pas tout, disait le malheureux Jospin, pour dire que l'État ne peut rien) alors pourquoi voter ?

Il est important pour les militants anticapitalistes de comprendre le sentiment dégagiste des peuples sous peine d'être dégagés ou de voir le dégagisme dévoyé.

Il faut absolument être au dessus de tout soupçon en ce qui concerne la complicité avec les politiciens tenants du pouvoir de la finance. Cela exclue donc toute alliance électorale avec les partis de ces politiciens. En ce sens l'alliance en France, dès le premier tour, avec le Parti "Socialiste" dans les élections municipales en 2014, là où le maire sortant était "socialiste", a été une lourde erreur de la direction deu Parti Communiste : on a prétexté le caractère local de ces élections, alors que la politique nationale imposée par le Parti "Socialiste" impactait lourdement et négativement les finances locales.

Il faut être attentifs aussi au fait que lorsque on exerce des responsabilités, par exemple à la direction d'une commune, on peut être perçus comme complices de la politique nationale, même si ce sentiment d'une partie de la population est souvent injuste. Il y a une réflexion à mener : comment gérer localement mais en combattant ouvertement la politique du pouvoir ? Il est absolument rédhibitoire que l'on puisse être soupçonnés d'accords politiques pour garder des places.

La proposition de la France Insoumise, convoquer une Assemblée Constituante, est l'expression la plus aboutie d'une stratégie dégagiste. Elle a vocation à être en concordance avec les aspirations populaires.

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03 mars 2018

Pour la défense du droit de vote

La démocratie ne se résume pas au droit de vote. Ce droit est nécessaire mais non suffisant. Pour

le bon fonctionnement de la démocratie il faut aussi une information libre et honnête.

Cette deuxième exigence n'est pas respectée quand les grands médias sont possédés par quelques

milliardaires. En France neuf milliardaires possèdent la quasi totalité de la presse d'audience

nationale et influencent plus ou moins directement l'audiovisuel. Les protestations effarouchées de

quelques multiéditorialistes-multicartes, assurant de leur indépendance ne sont pas

convaincantes : sur tous les grands sujets de politique et d'économie leur unanimité est la preuve

que le système médiatique est vicié.

Alors il est de bon ton parmi la caste journalistique de critiquer les choix des électeurs, brexit,

Trump, il est de bon ton de dire que les citoyens sont mal informés et victimes de falsificateurs.

Certains commencent à mettre en cause le droit de vote.

Un peu fort de café de mal informer les citoyens et d'en prendre prétexte pour ne pas reconnaître

la souveraineté du vote populaire.

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21 décembre 2017

Défiance vaccinale ?

Le professeur Philippe Sansonetti est invité ce matin à France Inter, le sujet est la vaccination.

On note une défiance importante de la population envers les vaccins. Le journaliste et l'invité cherchent à expliquer cette défiance. On évoque une campagne dangereuse menée par des groupes irresponsables.

Il y a effectivement une défiance vis à vis de la vaccination et elle s'insère dans une défiance plus large, défiance envers les laboratoires pharmaceutiques.

Mais il y a encore une plus large défiance et elle touche à la question du lien entre l'activité économique et le profit.

Plusieurs scandales ont révélé les agissements de certains laboratoires pour imposer des médicaments, pour cacher les effets indésirables très graves de certains médicaments, pour cacher leur activité financière illicite ou immorale.

Dans le domaine de la médecine, plus que dans d'autres domaines, le fait de gagner de l'argent sur la santé publique pose question. Gagner de l'argent d'abord, en soignant éventuellement est la logique malsaine de certains laboratoires. Soigner en gagnant de quoi investir pour prolonger l'activité et pour soigner encore mieux doit être la logique vertueuse de tout le système de santé.

Cette opposition de logiques se retrouve dans toutes les activités concernant de près ou de loin le Service Public. Gagner de l'argent d'abord en transportant éventuellement des voyageurs et des marchandises ou satisfaire aux besoins de transport de voyageurs et marchandises sans que ce soit la gabegie. Gagner de l'argent d'abord en faisant éventuellement de l'enseignement ou satisfaire aux besoins d'éducation en investissant à la mesure de ces besoins et des possibilités.

Gagner de l'argent d'abord, c'est le moteur de l'activité économique du système capitaliste dans sa phase néolibérale. On mesure les méfaits du fonctionnement de ce moteur. Les scandales financiers liés à ce fonctionnement en sont les traces mais le mal est plus profond, plus large. Pollution et malbouffe résument tous les aspects de ce mal.

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16 décembre 2017

Tectonique des classes. À propos d'un article d'Olivier Tonneau.

Quelques réflexions suite au stimulant article de Olivier Tonneau, blogueur à Médiapart : "Populiste ou Jacobin ?". O.Tonneau critique les thèses de Chantal Mouffe. Il affirme que ces thèses prônent un "populisme de gauche". Remarquons que la notion de populisme n'est revendiquée explicitement par personne. En revanche "populiste" est devenu une sorte d'insulte qui est adressé à beaucoup de monde sans que toutes et tous méritent cette insulte. Cette insulte n'est par ailleurs pas bien définie, comme n'est pas bien défini le concept de populisme lui-même.

Point de départ de l'article : O.Tonneau dit que C.Mouffe nous invite à différencier les adversaires des ennemis et donc transformer les antagonismes en agonismes, antagonismes opposant des ennemis, agonismes opposant des adversaires. En somme, l'agonisme serait un antagonisme soft.

Il y a des points forts dans la réflexion de O.Tonneau et sa critique doit être examinée attentivement. J'encourage tout le monde à lire l'article, en accès libre, sur le site de Médiapart.

Il me semble pourtant qu'il est nécessaire de sortir d'une confusion qui court tout le long de l'article. Confusion entre classes sociales d'une part et partis, mouvements politiques, qui représentent plus ou moins bien ces classes sociales d'autre part. Il est banal de constater que l'appartenance à une classe sociale n'est pas un sentiment individuel qui va de soi. En revanche, la satisfaction ou l'insatisfaction des intérêts d'une classe sociale impâctent lourdement la destinée individuelle, souvent largement en dehors de la conscience individuelle. C'est le rôle des partis et mouvements politiques d'œuvrer, avec plus de conscience individuelle et collective, pour la défense des intérêts de classe.

Il me semble donc que la société évolue d'abord par une sorte de tectonique, classe contre classe ou alliance de classes, et qu'ensuite les partis et mouvements politiques adaptent leur discours à ce mouvement. Remarque importante : la métaphore "tectonique des plaques" s'arrête là car les politiques peuvent influer sur le cours de la tectonique des classes.

Pour envisager une stratégie politique gagnante pour les classes populaires il est donc nécessaire d'analyser les oppositions d'intérêts entre classes, les possibilités d'alliances d'intérêts entre classes. Il est clair que les intérêts de la classe capitaliste et ceux des classes populaires sont irrémédiablement opposés. En ce sens la classe capitaliste est l'ennemi des classes polpulaires. Mais dans la conduite politique pour la victoire des classes populaires il faut envisager, construire, provoquer des alliances avec d'autres forces politiques. Cela ne peut se faire évidemment que pour des objectifs relativement limités mais qui donnent à la stratégie de victoire des points d'appui essentiels.

C'est la voie démocratique et pacifique pour le changement de société .

Aujourd'hui les classes populaires ne sont pas suffisamment représentées au niveau politique.

Première raison : le fait déjà indiqué que les intérêts de classe ne sont pas naturellement identifiés au niveau personnel, d'où l'abstention massive aux élections et la faible représentation au niveau législatif des partis politiques qui portent la défense de ces intérêts.

Deuxième raison, qui alimente aussi l'abstention : les échecs de l'expérience soviétique, les difficultés et les impasses des pays qui se sont engagés dans une transformation anticapitaliste de la société, les difficultés et les impasses des pays de l'Union Européenne étranglés par la dette, l'exemple grec étant le plus dévastateur, les trahisons des partis "socialistes" dans plusieurs pays.

Le système médiatique dominant œuvre à plein temps pour que la conscience individuelle soit retardée et pour que les raisons des difficultés ne soient pas identifiées.

L'action politique anticapitaliste doit donc toujours avoir comme premier souci l'impact médiatique. Ce n'est pas un appel à la modération, bien au contraire.

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11 décembre 2017

"L'ordre du jour" de Eric Vuillard

Ce n'est pas habituel, j'ai lu le dernier prix Goncourt, et je n'ai pas regretté. La première qualité de l'ouvrage est la concision qui ne peut être efficace, comme elle est ici, que par des idées claires et de la documentation sérieuse. La deuxième qualité est l'écriture, précise, élégante, sans chichis inutiles. La troisième qualité est la densité politique (que le mot "politique" ne décourage personne, la lecture de l'ouvrage est très agréable et intéressante) qui, de manière étonnante, se réalise à partir d'anecdotes qui ont la qualité de pièces de théâtre ou plus encore de scènes cinématographiques.

L'auteur nous place dans l'intimité des personnages qui sont au pouvoir, qui sont par leur position les acteurs principaux de la tragédie qui est en train de se nouer dont nous connaissons l'immense coût pour les peuples en vies humaines et en destructions matérielles, dont nous savons que l'impensable se réalise par la Shoah.

L'auteur  montre que la prise du pouvoir par Hitler n'était en rien inéluctable. Les proximité familière de Chamberlain et Ribbentrop, par exemple, les mises en scène, par moment comiques, lors de réunions officielles entre chefs d'état, la réunion des magnats de l'industrie convoquée par Goering pour obtenir le financement du parti nazi, etc...autant de faits qui rétablissent quelques vérités sur les responsabilités politiques du patronat allemand, des dirigeants anglais et français, des dirigeants d'autres pays européens, dont l'Autriche.

Il montre que la supériorité de l'armée allemande, de son incroyable avance technologique, est une fable. Ceci est à rapprocher de l'ouvrage de Marc Bloch "L'Étrange défaite".

"L'ordre du Jour" est le premier ouvrage récompensé à ce niveau de popularité qui rompt avec un lieu commun : expliquer le nazisme par une sorte d'hystérie du peuple allemand qui le pousse à suivre Hitler. Lieu commun qui se complète par la mise en parallèle des "totalitarismes", banalisation irresponsable du régime criminel nazi, et qui fait l'impasse totale sur les agissements des "élites" politiques françaises, anglaises, polonaises, etc...

"L'ordre du jour" est un premier pas dans la réécriture de l'Histoire de la prise du pouvoir par Hitler. Une réécriture car ce qui nous a été enseigné dans nos écoles depuis les années de guerre froide, est une bien mauvaise écriture.

On ne peut comprendre les agissements, les capitulations, les complicités qui sont démontrés dans le livre de Eric Vuillard, si on ne voit pas que le seul projet politique, l'obsession des "élites" politiques et économiques était "faire barrage au bolchévisme". "Plutôt Hitler que le Front Populaire" était le mot d'ordre du grand patronat français.

 

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01 décembre 2017

La critique est toujours légitime.

Certaines personnes utilisatrices de réseaux sociaux ont des prétentions irrecevables. Elles veulent étaler leur opinion, ce qui est légitime, mais ne voudrait pas voir de critique. Un journaliste-dessinateur a crié au scandale, au lynchage, quand, pendant la campagne électorale de la présidentielle, ayant pris position contre un des candidats, ce qui est son droit, il s'est attiré moult commentaires et arguments pour contrer son point de vue, ce qui est tout à fait légitime et salutaire pour la démocratie. Les seules limites à la critique sont l'insulte et la diffamation, mais alors c'est la justice qui doit exercer la censure de ces dérapages.

Une prétention tout aussi irrecevable se manifeste aussi dans le journalisme en matière de caricature. Le droit à la caricature doit être défendu, là aussi dans les limites de l'insulte et de la diffamation. Mais il n'est pas malsain, bien au contraire, de dire aux caricaturistes ce que l'on pense de leurs caricatures. Il est tout à fait légitime de les trouver éventuellement de mauvais goût, déplacées, à contenu lamentable, raciste.

Dans le cas particulier du journal Charlie Hebdo, devrions-nous condamner toute critique de sa ligne éditoriale et de ses caricatures en raison de l'ignoble attentat dans lequel douze personnes dont sept journalistes ont été lâchement assassinés ?

Peut-on considérer que toute critique de Charlie Hebdo constitue une pré-justification, voire un encouragement, à un futur éventuel attentat ?

C'est pourtant ce que certains journalistes prétendent.

C'est une grave atteinte au débat démocratique qui doit constituer la base de l'activité médiatique.

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09 novembre 2017

La question du climat est contre productive.

Le ministre Nicolas Hulot a repoussé de plusieurs années la fermeture de nombreuses centrales nucléaires argumentant que, en cas de fermeture, il faudrait augmenter la production d'électricité avec des centrales thermiques, donc augmenter l'émission de CO2, ce qui serait mauvais pour le climat.

Admettons la thèse de la responsabilité anthropique du dérèglement climatique par l'émission de gas carbonique.

Remarquons que la résolution de ce problème ne peut être que mondiale. La France ne représente que 1% de la population mondiale. Si la France s'arrêtait de vivre cela n'aurait pratiquement aucun impact sur le climat. Alors une légère augmentation de CO2 français par des centrales thermiques...

Il est donc parfaitement illogique de repousser la fermeture de centrales nucléaires de plus en plus dangereuses car vieillissantes par la question climatique.

Il faut avoir le souci de développer les sources d'énergie alternatives et renouvelables. C'est la voie pour à la fois pouvoir se passer à terme du nucléaire et de réduire à terme les émissions de gas carbonique.

Plus généralement, dans les accords internationaux sur la question, il faudrait remplacer l'objectif de réduction d'émission de CO2, dont la réalisation est mise en échec par toutes sortes de contournements et de trafics sur la marchandisation de l'autorisation à émettre du gas carbonique, par l'objectif d'augmenter la part de production énergétique par des sources alternatives ou renouvelables.

Différents pouvoirs, politiques mais aussi économiques, se défaussent de leurs responsabilités en matière de questions sociales, de questions géostratégiques, sur la question climatique.

La question climatique, mal posée ou moyen de défausse, est contre productive.

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29 septembre 2017

"Notre" sénateur "

Hier, jeudi 28 septembre 2017, manifestation devant la préfecture de Bourg en Bresse.

J'ai la surprise d'y voir "notre" sénateur Rachel Mazuir, qui vient "nous soutenir" dit-il.

Lui qui a soutenu lors de la primaire de la Belle alliance populaire (on ne rit pas !) devinez qui ? Manu, mais oui, Valls.

Il vient "nous soutenir" "notre" sénateur, il n'a pas honte ! Je suis trop poli et trop pacifique, je ne lui ai rien dit et je le regrette un peu. J'aurais pu au moins lui dire "bonjour 49-3".

Je veux cependant éditer à nouveau une correspondance entre Mr.Mazuir et moi qui date de novembre 2007 mais qui, de manière significative, garde un caractère d'actualité.

Cette correspondance fait suite à l'utilisation malhonnête par Mr.Mazuir d'une liste d'adresses pour l'envoi sur internet d'un torchon anti-cheminots comme il en circule sur la toile et de ma protestation via la liste d'adresses qu'il avait utilisée (répondre à tous).

1. Lettre de l'élu

 

Angelo,

 

    Tout à fait d'accord avec toi, s'agissant des stock options et des fonds de pension, c'est scandaleux, c'est tout simplement de l'exploitation.

 

    Ma femme a reçu "ça" sur son mail, j'ai voulu faire une grosse provocation en l'adressant à des gens de gauche. Je reconnais bien volontiers que ce n'est peut-être pas très drôle, mais ça me semblait tellement énorme ! Enfin...

 

    Mais si "enorme" que soit ce mail, il pose cependant question : doit-on s'interdire de s'interroger sur ce qui est en passe de ruiner définitivement la Gauche ?...la défense d'avantages -aujourd'hui connus du plus grand nombre- qui ne paraissent acceptables que dans la mesure où il pourraient être attribués à tous.

 

    Que doivent en penser une aide-soignante, une infirmière, qui travaillent Dimanche et jour de fête pour des salaires de misère ? Que peut en penser un travailleur du bâtiment dont l'espérance de vie est aujourd'hui celle la plus courte de tous nos concitoyens ? Ils sont souvent pris en otage pour défendre des avantages qui ne les concernent pas et auxquels ils ne peuvent même pas réver.

 

    Avantages par ailleurs inenvisageables pour plus de 20 millions de salariés du privé et pour près de 5 millions de salariés du public. Avantages qu'ils ont l'impression de payer. Le temps est, hélas, révolu où les luttes, plus faciles à organiser par certaines catégories sociales, impliquaient systématiquement des retombées pour d'autres catégories de travailleurs.

 

    Il me semble que si 70% des Français approuvent malheureusement Sarkozy, c'est sans doute parce que nous ne sommes pas bien bons, pour pas dire à côté de la plaque. Si on continue comme ça on va finir "à poil" ! Je ne suis pas tout à fait seul à penser ainsi. Par ailleurs, les partis politiques de Gauche me paraissent quelque peu discrets, en tous les cas pas très "vociférants" sur la question. Quant aux syndicats, ils souhaitent, et je les comprends, des négociations rapides, inquiets quant aux conséquences dans l'opinion publique d'une grève longue .

 

Alors oui à une augmentation des salaires et plus encore des petits salaires, c'est l'immense majorité à la SNCF... Je n'oublie pas les retraites et les très petites retraites (je connais celle de ma mère).

 

    Très sérieusement, aujourd'hui la Gauche doit dire aux français quel est son projet de société et ensuite seulement quels sont les moyens qu'elle mettra en oeuvre pour y parvenir. Pour moi ce projet doit s'articuler autour de trois mots : égalité, solidarité et justice sociale.

 

    Cette provocation que tu as pris au 1er degré (après coup je te comprends et je m'en excuse) est une énorme ficelle qui consiste à cristalliser le mécontentement sur une extrème minorité pour faire oublier l'immense majorité qui s'appauvrit chaque jour sous le règne de Sarkozy.

 

 

 

2. Ma réponse

 

Rachel,

 

tu prétends avoir voulu faire une provocation, salutaire à ton sens, et moi, pauvre idiot, j'ai pris cela au premier degré ! Ta lettre me fait penser que tu as abandonné toute idée sur ce que je continue à appeler lutte des classes, ainsi tu ne vois pas que ta provoc, dans la conjoncture actuelle, peut s'appeler un « tir ami » particulièrement mal venu.

 

L'histoire, apparemment, ne nous apprend rien ! Tu restes sur l'idée social-démocrate par excellence que le capitalisme est indépassable et que l'action publique ne peut que soulager un tant soit peu les souffrances des laissés pour compte de la société. Je continue à penser que l'abolition du capitalisme est la condition de l'abolition de l'aliénation. Ces deux courants de pensée que nous représentons, ont, suivant les époques, lutté ensemble pour obtenir des avancées sociales (et donc des avancées dans l'humanisation de la société), ou se sont affrontées, et en général cela a coïncidé avec des régressions. Malheureusement, à mon sens, nous ne sommes pas aujourd'hui dans une phase de lutte en commun : tes positions, les postions de plusieurs dirigeants socialistes (sans parler de ceux qui, quelle honte, gouvernent avec Sarkozy), si elles n'étaient pas combattues, nous entraineraient encore plus dans une spirale sans fin d'alternance où la droite peut faire une politique anti-populaire dure après que la gauche lui a préparé le terrain. Depuis 2002, et singulièrement depuis l'élection de Sarkozy, comment ne pas voir que, par exemple sur les retraites, les attaques inouies de la droite s'appuient sur tout ce que Jospin et Chirac avaient signé ensemble à Lisbonne, dans le cadre européen.

 

Je continue à affirmer que les injustices ne sont pas les différences entre salariés, entre retraités des différents régimes. Les injustices sont par exemple : ne pas pouvoir vivre décemment, ne pas pouvoir vivre décemment de son travail, ne pas pouvoir être soigné décemment, ne pas pouvoir se loger décemment, ne pas trouver de travail pour les jeunes ; les injustices sont : les écarts de revenu entre les salariés et les rentiers, les hauts revenus du patronat ; les injustices sont : le chômage massif qui permet au patronat de faire pression sur le reste des salariés...

 

Parmi toutes ces injustices peux-tu me dire laquelle serait résolue par la suppression des régimes spéciaux de retraite ?

 

Au contraire, il est clair que la suppréssion des régimes spéciaux est un levier pour aggraver encore le régime de retraite des fonctionnaire, pour s'attaquer ensuite aux retraites des autres salariés. Il n'y a pas de fin dans cette spirale de régression sociale.

 

Voilà ce que tu proposes. Je peux t'assurer que je serais toujours, selon mes capacités et mes possibilités, dans l'opposition et le combat de ces idées. En revanche, je serais toujours selon mes capacités et mes possibilités dans le combat unitaire avec ton courant de pensée, dans une perspective de lutte pour le progrès social.

 

Quelques objectifs : nouveau partage des richesses entre capital et travail (c'est un « succès » de la gauche, avec Delors, de l'avoir modifié historiquement au profit du capital) ; suppression de la loi Balladur de 1993 sur les retraites (que la gauche plurielle a laissé honteusement en l'état pendant ses cinq années de pouvoir) ; suppression de la loi Fillon sur les retraites des fonctionnaires ; référence généralisée au 37,5 annuités pour le calcul de la pension, public ou privé.

 

PS. Nous aussi, Evelyne et moi, sommes « enfants du peuple » et nous connaissons le montant, indigne, de la pension de nos parents. On ne nous culpabilisera pas avec ces arguments, d'autant que l'expérience, particulièrement depuis les alternances gauche-droite au pouvoir, nous apprend que l'appauvrissement des salariés plus favorisés ne sert pas aux moins favorisés mais sert à enrichir encore plus les plus riches.

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13 août 2017

De l'usage de corrélations statistiques

Au risque d'enfoncer des portes ouvertes, petite réflexion sur la manière de comprendre ou ne pas comprendre les statistiques.

On annonce dans la presse : si vous dormez mal vous avez plus de "chance" d'enfanter un prématuré. Cette présentation journalistique incite à conclure : il faut bien dormir pour ne pas enfanter de prématuré. Cette conclusion est fausse, ou plutôt, elle fausse logiquement.

Si on constate une corrélation statistique entre une donnée A et une donnée B, par exemple les femmes qui ont un accouchement prématuré (A) ont souvent (pas toujours) un mauvais sommeil (B), il y a alors trois possibilités.

1) A est la cause de B ; 2) B est la cause de A ; 3) A et B ont une cause commune.

Dans le lien entre accouchement prématuré (A) et mauvais sommeil (B), il est raisonnable d'envisager que (B) peut-être la cause de (A) mais cela reste à prouver. Il se peut que l'on améliore le sommeil sans améliorer la durée de gestation.

La présentation par la presse de cette statistique est donc mauvaise.

En faisant abstraction de tous les problèmes méthodologiques de mesure, l'augmentation du CO2  dans l'atmosphère et l'augmentation de température de cette même atmosphère donnent encore un cas de corrélation statistique qui demande une réflexion logique.

En général la présentation par la presse de résultats scientifiques laisse à désirer, soit par manque de formation scientifique des journalistes, soit, c'est souvent le cas, par la recherche du sensationnel.

 

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10 août 2017

Electricité : l'énergie est notre avenir, les taxes notre présent.

Facture EDF pour 2016-2017.

Abonnement :                  173,33€ dont 141,15€ acheminement (?).

Consommation :             1261,49€ dont acheminement 485,50€ (?).

Taxes et contributions:     517,25€.

TVA :                              359,74€.

Donc environ 70% de taxes.

Qu'est qu'on attend pour la révolution ?

Posté par Angelo Ingarao à 09:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]