Ah tu verras !

18 octobre 2018

La morra chinoise

Avec l'opération de police politique menée contre la France Insoumise les médias dominants se sont déchaînés contre Jean-Luc Mélenchon. On peut éventuellement lui reprocher de parler fort mais par rapport aux fautes avérés d'autres politiciens, à commencer par Micron lui-même, c'est un peu léger.

On commence à voir, heureusement, des articles et des déclarations qui s'interrogent sur l'indépendance de la justice. Mais la réflexion, noyée dans des calculs politiciens, n'est pas d'un très bon niveau. Sans être simpliste on peut tout de même avancer des idées simples qui, si elle sont négligées, c'est souvent par calcul.

Un argument qu'on veut opposer à Mélenchon est qu'il veut, en tant que député, se soustraire à la justice. Mais pourquoi la justice, dans l'application de sa mission, devrait se soustraire à l'appréciation du peuple donnée par ses représentants ?

Pourtant Montesquieu l'a bien analysé depuis plus de deux siècles.

La séparation des trois pouvoirs (aujourd'hui on veut parler aussi du quatrième pouvoir, le médiatique, mais allons y doucement) exécutif, législatif et judiciaire ne signifie pas qu'il y a une hiérarchie naturelle entre les trois. Il faut envisager que chacun des pouvoirs doit, dans des modalités à préciser, rendre des comptes aux autres.

Les juges doivent vérifier que la loi que les parlementaires définissent est respectée par l'exécutif qui l'applique et  qu'elle est définie par les parlementaires dans des conditions respectueuses de la constitution. Donc le pouvoir judiciaire contrôle l'exécutif et le législatif.

Mais ce contrôle doit s'effectuer dans le respect de la loi. Autrement dit, le pouvoir judiciaire doit aussi rendre des comptes à l'exécutif et au législatif dans des modalités prévues par la constitution.

Le jeu de la morra chinoise est une métaphore de ce qu'il faut mettre en place.

Deux joueurs tendent la main simultanément avec trois positions possibles pour leur main : le poing fermé représente le caillou, la main ouverte représente la feuille, deux doigts pointés représentent le ciseau.

Le caillou perd devant la feuille, la feuille perd devant le ciseau et le ciseau perd devant le caillou.

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L'intimidation fonctionne un petit peu.

L'opération de police politique contre la France Insoumise et le Parti de Gauche a pour but d'intimider.

Le prétexte principal de cette opération est le soupçon d'emplois fictifs pour des collaborateurs de Jean-Luc Mélenchon quand il était député européen.

Ce soupçon concerne une vingtaine de député-e-s représentant tout l'arc politique, de l'extrême gauche à l'extrême droite.

Vu le manque de soutien à la France Insoumise, surtout de ceux qui sont ou se disent de gauche, on peut dire que l'opération de police politique a partiellement réussi dans son objectif d'intimidation.

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17 octobre 2018

Montrer que l'on est prêt.

Lundi 15 octobre 2018 un budget alternatif a été présenté par le mouvement La France Insoumise. C'est un fait politique majeur.

La rafale de perquisitions hors norme et hors la loi qui s'est déroulée le 16 octobre dans les domiciles et les locaux des dirigeants politiques de la France Insoumise est symboliquement liée à ce fait politique majeur.

La mise au point et la publication d'un budget pour la France montre que la France Insoumise, avec celles et ceux qui partagent les mêmes objectifs fondamentaux, loin des tambouilles et alliances de circonstance, est prête à assumer la direction du pays.

Cela correspond à l'attente, aux questionnements des classes populaires. Cela correspond à la nécessaire levée des doutes qui pèsent sur la mobilisation.

Combien de fois dans les discussions, alors que l'accord est complet sur les méfaits de la politique des pouvoirs successifs serviteurs du capitalisme dans sa forme extrême, combien de fois j'ai entendu : peut-on faire autrement, la fuite des capitaux, les pressions...J'ai même entendu d'un responsable politique important qu'il ne pouvait pas approuver l'augmentation du SMIC car cela obligerait les municipalités à augmenter les impôts locaux.

Le fonctionnement des médias dominants et les agissements de la bande de psychopathes de l'Élysée font que le contre budget de la FI est passé inaperçu.

Mais pour celles et ceux qui se posent la question de la mobilisation unitaire, il est important de se saisir de ce travail qui est un outil irremplaçable pour le combat politique, un outil qui nous fait passer d'une lutte uniquement défensive à une lutte pour imposer l'alternative.

 

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22 septembre 2018

L'épaisseur d'une feuille de papier à cigarette

Sur le site web de l'Humanité on peut trouver le discours du directeur du journal, Patrick Le Hyaric, prononcé lors de la fête de l'Humanité, l'unique immense fête populaire en France. Je l'ai écouté attentivement et je l'ai trouvé admirable, correspondant à ma sensibilité en tout point. Combattre le capitalisme, combattre pour plus de solidarité, combattre pour la paix...

Ce discours est en tout point (sauf un que je préciserai après) identique à celui de la France Insoumise, y compris sur le thème des migrants, comme on dit un peu trop facilement pour désigner les personnes exilées à cause des méfaits du capitalisme.

Sur ce thème j'ai retenu : accueil digne de ceux qui sont en danger, combat contre les causes des départs massifs, économiques (pillage par les pays dominants), politiques, guerres et dénonciation du patronat qui profite de la précarisation pour mettre en concurrence les travailleurs.

Trouver une différence avec les discours des représentants de la FI me semble impossible. Et pourtant que n'avons pas lu comme insultes inadmissibles, la France Insoumise flirtant avec l'extrême droite d'après ces fins observateurs de la vie politique.

Parmi toutes les insultes, il faut relever celles de Ian Brossat, chef de file de la liste communiste pour les élections européennes de 2019. Quel est le sens politique de ces insultes, venant d'un haut responsable communiste ?

J'avoue que, habitué à l'inconstance de la ligne politique de la direction du Parti Communiste Français, je ne suis pas étonné, juste indigné. Cette inconstance fait que les résultats électoraux du Parti Communiste deviennent ridicules. C'est grâce à la quantité importante de militants et militantes, dont le dévouement est un héritage du passé, héritage qui a été dilapidé en grande partie, que le Parti Communiste est encore visible dans le paysage politique français.

L'inconstance est due à la recherche de maintenir des places d'élu-e-s à tout prix. On a ainsi fait des alliances, en particulier dans la dernière période, avec les Parti "Socialiste", des alliances locales en contradiction avec un juste combat contre la politique nationale de ce même P"S". Ian Brossat est la personnalisation de ce que l'on peut appeler opportunisme politique en tant qu'éminent adjoint à la maire hollandaise Anne Hidalgo.

Revenons au discours du directeur de l'Humanité. Il se prononce pour que la France, affirmant son indépendance, joue un rôle majeur pour la paix et pour une révision des échanges commerciaux entre pays dominants et pays dominés.

Encore une inconstance : comment prétendre utiliser l'indépendance de la France et militer assez ouvertement pour qu'on reste dans l'Union Européenne. Certes, on prétend changer la nature de l'Union Européenne mais sans en donner la marche à suivre. On en reste aux vœux pieux.

Donc la direction du Parti Communiste cherche à réaliser un rassemblement en vue des élections européennes qui, avec un discours combattif (ça ne mange pas de pain) accepte la situation de l'Union Européenne sans espoir de la changer.

Ce projet devrait assurer au Parti Communiste des élu-e-s, cela au prix d'une alliance avec les béni-oui-oui de l'Union Européenne.

Voilà la vraie raison de la dérive de la part des dirigeants communistes dans la manière de pratiquer le débat sain entre forces anticapitalistes.

 

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11 septembre 2018

Hiérarchie de l'indignation.

Un des arguments relayés massivement par les médias dominants pour discréditer l'opposition anti-capitaliste est que cette opposition, dans sa diversité, soutient les dictateurs qui sévissent dans le monde.

Remarquons que l'expression "les dictateurs" est déjà une imposture : la catégorie "dictateurs" contient beaucoup plus de dictateurs que ceux dénoncés par les médias dominants, elle contient beaucoup de dictateurs mis en place et maintenus au pouvoir par les pays capitalistes dominants, la France (pas le peuple français, mais tous les gouvernements qui ont été au pouvoir) ayant un rôle de premier plan dans ce domaine.

Remarquons que le qualificatif "dictateur" est attribué de manière impropre à certains destinataires qui ont été élus et parfois réélus dans des élections incontestables dans leur tenue.

Remarquons que dans beaucoup de pays satellites des pays dominants, la situation est souvent proche de la guerre civile, le pouvoir en place utilisant directement ou indirectement, via les mafias de la drogue, une violence qui devrait indigner et alarmer tout honnête observateur, une violence qui, particulièrement pendant les campagnes électorales, fait des centaines, voire des milliers de victimes.(Ex Mexique, Colombie,...)

Remarquons que des pays alliés des États Unis sont engagés dans des guerres menées dans des conditions qui sont en fait des crimes de guerre.

Remarquons donc que la dénonciation de dictatures par les médias dominants est très sélective et à but uniquement politicien.

 

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28 juillet 2018

Politique de provocation

Les luttes sociales, bien qu'insuffisantes pour contrer la politique anti-populaire des macronnistes, sont une épine dans le pied du président Micron.

Les provocations-utilisations des violences lors des manifestations sont évidentes. On a voulu discréditer le mouvement social en lui attribuant la responsabilité des violences. L'argumentaire gouvernemental s'est beaucoup servi de ce thème.

Or quand on regarde les vidéos des manifs prises sur le vif on voit que la violence est d'abord policière et que cette violence est la conséquence de consignes données au niveau politique : il faut intimider et provoquer.

Dans ce contexte on comprend mieux les agissements de Benalla et de Crase, les deux pieds nikelés qui se prennent pour les chefs suprêmes de la police et on comprend mieux l'attitude des vrais policiers qui se laissent diriger par Benalla : ils ont des consignes et Benalla et Crase les commandent selon ces consignes. Le commissaire Mizerski, vrai policier haut gradé présent lors des faits reprochés aux deux cowboys élyséens est d'une passivité qui est en fait un encouragement. Il explique qu'il "ne concevait pas de faire la moindre observation à celui qui était, à ses yeux, un personnage de première importance".

Il est donc clair que :

1) les consignes étaient provoquer, intimider ;

2) que ces consignes étaient données au plus haut niveau.

Le président Micron fanfaronne sur un ton mussolinien en disant qu'il est le seul responsable en voulant, par cette bravade, réduire l'affaire à un petit problème sans importance que l'opposition monte en épingle.

Oui, il est responsable en chef, mais pas le seul. Les ministres, à commencer pr Collomb et Castaner, sont responsables. Les députés "La République en Marche (arrière)" qui sont godillots jusqu'à la caricature, tous ceux qui encouragent Micron dans sa ridicule posture "jupitérienne" sont responsables.

L'affaire Benalla est le symptôme d'un grave dysfonctionnement de l'exercice du pouvoir.

Il est aussi le révélateur d'une politique basée sur le mépris de la République et du peuple.

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16 juillet 2018

On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre.

J'avance une hypothèse pour répondre à une question.

Pourquoi la majorité du peuple qui souffre de la politique au service des capitalistes et qui aurait beaucoup, tout à gagner dans la politique que nous, anti-capitalistes, préconisons, pourquoi donc elle nous fait défaut politiquement ?

Serait-ce cette impression que beaucoup d'entre nous soyons perçus comme des donneurs de leçon, des directeurs de conscience illégitimes, des dispenseurs du "savoir bien penser" ?

Serait-ce cette façon de mépriser les occasions d'avoir de la joie collective ?

Oui, nous savons comment la joie collective à l'occasion d'une victoire politique ou syndicale est d'un goût incomparable. Mais pourquoi faire comme si seules ces joies collectives seraient dignes.

En somme, serait-ce cette manière de se montrer pisse-vinaigre, particulièrement mise en évidence pendant le Mondial de football, qui peut faire craindre à la majorité du peuple qui nous fait défaut que nous préconisons une société sans joie ?

 

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21 juin 2018

Être définitivement humaniste : combattre le capitalisme.

Les mauvais médecins combattent les symptômes et ignorent les causes. C'est ainsi que l'on peut voir les prises de position majoritairement mises en valeur dans les médias dominants en ce qui concerne la problématique du mouvement migratoire.

Des populations relativement importantes (en valeur absolue, par rapport à la population mondiale ce n'est pas une marée irrésistible...) se déplacent et cherchent dans d'autres pays un mieux vivre, plus de liberté, le salut face à des menaces mortelles.

Tout d'abord il faut accorder à ces populations tout ce que le droit humanitaire que la France, les USA, les pays européens sont si prompts à se vanter de défendre et de représenter. Les "valeurs", "l'état de droit", sont les éléments de langage très utilisés par les pays dominants. Qu'ils les appliquent donc en ce qui concerne l'accueil des migrants.

Il faut ensuite diagnostiquer les causes de cet état de fait.

Les pays dominants s'immiscent dans les affaires des autres pays dominés économiquement. Les pressions économiques sont flagrantes. Les ingérences se font sans aucune retenue. On bombarde, on mène des guerres plus ou moins ouvertes, on soutient des despotes qui sont à la solde des grandes compagnies capitalistes et exploitent leurs peuples au profit des ces compagnies.

Quand on sait comment les États Unis interviennent depuis des décennies en Amérique Latine pour favoriser leurs intérêts économiques on ne peut qu'être révolté par l'idée d'un mur anti immigré à la frontière avec le Mexique.

Quand on sait comment la France intervient militairement dans plusieurs pays d'Afrique on ne peut qu'être révolté par les propos et agissements de notre président et de notre ministre de l'intérieur : expulser, refouler les migrants est leur obsession.

Il est urgent de modifier en profondeur la nature des échanges internationaux, particulièrement avec l'Afrique et l'Amérique Latine.

Les pays dominants doivent arrêter le pillage économique. Il faut promouvoir des échanges bilatéraux sur la base d'intérêts communs. Il faut cesser l'ingérence économique et politique et donc cesser les interventions militaires sans mandat légal de l'ONU.

Il faut donc combattre le capitalisme.

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14 mai 2018

Dauphiné-Libéré et Echirolles

Voici un exemple des méfaits d'un journalisme sans déontologie. Je consulte presque quotidiennement sur le site du Dauphiné-Libéré les articles concernant la ville d'Échirolles.

Un article sur le budget de la municipalité fait référence à l'appréciation de la Cour Régionale des Comptes. Le sous-titre de l'article est "Il y aura probablement le dépôt d'une plainte". Tout juste si on ne nous dit pas qu'il y a corruption caractérisée et que le maire sera mis en examen...

Une recherche sur internet me donne accès au rapport de la Cour Régionale des Comptes. Je lis un rapport mesuré qui met l'accent sur un certain surendettement de la commune, sur des choix discutables d'un point de vue politique, mais pas d'un point de vue moral.

Dans cette recherche je trouve la réponse du maire, argumentée, faisant état des difficultés de la population de la ville, dont le revenu moyen est faible, ce qui explique certains choix budgétaires.

Je trouve donc une controverse politique normale entre institutions, Cour Régionale d'un côté, municipalité de l'autre, qui font valoir leurs points de vue normalement différents.

Mais il n'y a aucune mention de malversation, de corruption, de gabegie dans le rapport de la Cour Régionale.

Le Dauphiné-Libéré devrait être poursuivi en diffamation pour son article malveillant.

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06 mai 2018

Si le "chat" n'est pas un chat...

"La manifestation soutenue par les formations de gauche hors PS", sous-titre d'un article de l'Humanité du 6 mai 2018 à propos de la "Fête à Macron", me fait réagir.

Mal nommer les choses c'est ajouter aux malheurs du monde : continuer à considérer que le PS est une formation de gauche est une grave erreur politique. Avoir conclu des accords électoraux avec ce parti pendant le quinquennat de François Hollande a été une grave faute politique.

L'unité n'est pas un but en soi. C'est un moyen pour combattre politiquement la politique du capital financier. On ne peut pas s'allier avec un parti qui a bien œuvré, en France et en Europe, pour mettre en place la politique néo-libérale voulue par l'oligarchie financière.

Il faut définitivement considérer que le Parti "Socialiste", qui est presque un astre mort, ne fait pas partie de notre camp anticapitaliste.

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26 avril 2018

La haine de la guerre, la haine des médias

La haine de la guerre et la dénonciation de la politique d'armement de notre pays, dans sa conception et dans ses débouchés, peut-elle signifier la haine des salariés, ouvriers, techniciens, ingénieurs, qui travaillent dans l'industrie de l'armement ? Ce serait très niai de croire cela.

La haine des médias dominants qui manipulent l'information, qui font de la propagande, qui imposent un modèle idéologique, qui disqualifient tout projet opposé à ce modèle, qui dénigrent les mouvements revendicatifs de salariés, qui, finalement, imposent des choix politiques, peut-elle signifier la haine des journalistes ?

Pourtant c'est ce que l'on a voulu faire dire à la France Insoumise.

Combien de fois j'ai vu utiliser le néologisme "merdias" par celles et ceux qui ont saisi l'occasion pour attaquer Mélenchon.

Oui, je hais les médias dominants, je dénonce les manquements déontologiques des journalistes dominants, les médiacrates, mais je suis convaincu que la mission des journalistes, une information libre et pluraliste, est une impérieuse nécessité.

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15 avril 2018

Fiction ? Oui mais...

Scène I

-Allo Vlad, salut c'est Donald. Tu sais, le coup du bombardement chimique, ils me disent que c'est sûr, c'est ton copain Bachar.

-Salut Donald, da, on te dit que c'est Bachar mais tu sais qu'il est à deux doigts de finir le boulot, alors, le bombardement chimique, ça tient pas la route.

-Yes Vlad, je comprends, mais tu sais, ici ils me tiennent les jarrets comme des chiens avec l'affaire de l'aide que tu m'aurais donnée pour mon élection, je ne peux pas me permettre de ne pas réagir...Il faut que je bombarde un peu, pour la forme, enfin, pour la forme... On va tout de même envoyer des missiles.

-Vous, les amerloks, vous êtes toujours pareil...Comme dans les films de cowboys, le doigt sur la gâchette. Attention aux dégâts collatéraux, je ne peux pas me permettre d'avoir des russes tués. Vise bien...

-Je vais demander, enfin, exiger de Mac Ron et de Theresa qu'ils s'associent à l'attaque, ça aura plus de gueule et on ne pourra pas m'accuser de faire tout seul le gendarme.

Scène II

-Allo Mac Ron, ici Donald. Alors tu as entendu, on peut bombarder Bachar, enfin, envoyer quelques missiles. Si je ne faisais rien on m'accuserait d'être tendre avec les russes, mais on ne peut pas les taper directement, alors Bachar ça fait l'affaire et Vlad n'en est pas trop fâché, ça lui permet de rouler un peu les mécaniques, c'est comme ça que vous dites en France ?

-Bonjour mon cher Donald, vous permettez que je vous dise mon cher ? Vos désirs sont des ordres et en plus ça m'arrange pas mal en ce moment. Des grèves partout, chute dans les sondages...J'ai voulu montrer un peu les muscles à Notre Dame des Landes mais ça n'a pas fait beaucoup diversion, au contraire. À propos de diversion, samedi il y a un grosse manif prévue contre moi à Marseille, si on bombardait juste avant ce serait un bon coup médiatique.

-I don't understand ce que tu mes racontes, montrer tes muscles à ta dame...Enfin, si ça peut t'aider, on bombarde vendredi dans la nuit. J'en parle à Theresa. Mais tu ne m'envois pas de la camelote, je veux des missiles sérieux.

-Oui mon cher Donald, ce sera du premier choix, et mes constructeurs d'armes en seront ravis.

Scène III

-Allo Theresa, darling, ici Donald. Ton affaire d'attentat chimique ça n'a pas fait suffisamment de diversion dans tes problèmes politiques internes. Que penses-tu d'un bombardement en Syrie ?

-Hello Donald, oui, ma situation politique n'est pas très bonne et virer quelques diplomates russes n'a pas suffi à l'améliorer. Je te promets une bonne rasade de missiles pour accompagner les tiens. On ne dira pas que je fais moins que notre regrettée Thatcher.

Scène IV

Les puissances occidentales, dans leur volonté de défendre les valeurs de la démocratie et de lutter contre les dictateurs criminels, bla, bla, bla...

 

 

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13 avril 2018

Une petite mésaventure pour moi, une grande pour beaucoup de monde

Retraité de l'Éducation Nationale, j'exerce une activité-loisir : je fais de la musique. Voulant être en règle, j'ai ouvert un compte à l'URSSAF pour déclarer les revenus occasionnés par cette activité musicale.

Pour l'année 2016 j'ai déclaré 800€ de revenu et 1380€ pour l'année 2017.

Depuis mai 2017 je suis en butte avec un organisme de retraite des indépendants, la CIPAV, qui me réclamait 2700€ de cotisations pour l'année 2016.

Vous imaginez le nombre de démarches, écrites ou au téléphone, un rendez-vous à une permanence à Lyon, la saisie du défenseur des droits, la consultation d'un avocat, pour essayer de comprendre comment on peut demander en cotisation plus que le revenu déclaré.

Après tout cela j'en suis à devoir à la CIPAV 960€ (pénalités de retard comprises) et je dois 150€ à l'avocat.

Les explications : tout travailleur indépendant doit à la CIPAV 460€ au titre de la retraite de base et une cotisation calculée sur le revenu au titre de la retraite complémentaire. Et il y a des lois pour cela d'après l'avocat consulté.

Il semble, mais ce n'est pas encore définitif, que je puis échapper à la cotisation retraite complémentaire vu le faible revenu déclaré. Il a fallu consulter un avocat pour savoir qu'il est possible de demander la remise totale de la cotisation retraite complémentaire, les innombrables démarches, miennes et du défenseur des droits, n'avaient pas pu m'avoir ce renseignement.

Mais la cotisation au titre de la retraite de base est inévitable, donc 960€ pour 2180€ déclarés (cumul 2016 et 2017). J'ai déjà payé 450€ au titre de la Sécurité Sociale et des Allocations Familiales. On peut parler de confiscation de revenus.

Pour moi l'affaire reste seulement désagréable, mon activité musicale est un loisir. Mais pour celles et ceux qui veulent exercer une activité indépendante cela peut être catastrophique ou, pour le moins, démotivant.

Remarque : les exigences de la CIPAV découlent de lois votées en 2015. Merci au président Hollande et au ministre Macron.

Le fameux bouclier fiscal n'est fait que pour les riches.

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Système pyramidal

On connait ces jeux de société qui font miroiter des gains faramineux : vous versez une somme d'argent pour entrer dans le jeu et vous devez, pour gagner, trouver des volontaires qui entrent à leur tour dans le jeu. Les mises successives permettent de payer les gains. Mais il est clair que si chaque entrant doit trouver trois ou quatre entrants, un calcul mathématique simple montre que très rapidement le jeu est bloqué, le nombre de personnes impliquées devient vite astronomique. Seuls les premiers initiateurs du jeu sont sûrs de gagner. Ces jeux, qualifiés de pyramidaux sont interdits mais ils continuent sous différentes formes à gruger des crédules. Parfois ces escroqueries se donnent une parure humanitaire, contre l'excision, pour l'ouverture d'orphelinats, pour promouvoir des activités culturelles...

 

Le capitalisme financier tel qu'il fonctionne aujourd'hui ressemble beaucoup à un système pyramidal. Mais les entrants dans le système boursier, petits porteurs, ne sont pas ou plus en mesure d'assurer la distribution de dividendes. Pour alimenter les profits boursiers il faut exploiter encore plus les travailleurs, les salariés, les classes moyennes. Ou, les deux n'étants pas incompatibles, faire éclater la bulle financière et mettre lourdement à contribution les petits actionnaires, voire les ruiner.

 

La crise c'est cela : un système pervers, en bout de course, qui ne peut se maintenir que parce que les oligarques ont les moyens politiques d'imposer l'exploitation et la confiscation.

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19 mars 2018

Ligne politique tortueuse

Une vidéo a circulé récemment sur Facebook montrant J-L Mélenchon en 2002 se prononcer pour l'union de la gauche à la présidentielle, critiquant les candidatures de personnalités de gauche qui allaient affaiblir le candidat Jospin. L'intention de la vidéo était de montrer que Mélenchon a changé de discours, qu'il est inconséquent. Sur la forme de cette intention relevons le ridicule de comparer les positions à plus de seize ans d'écart sur des situations complètement différentes. Sur le fond, les partis et mouvements qui avaient soutenu le gouvernement Jospin, en particulier le Parti Communiste qui avait participé à ce gouvernement, et qui présentent des candidats contre Jospin ne sont pas très soucieux de la compréhension que leur électorat, et l'électorat en général, peut avoir de leur ligne politique. Le résultat catastrophique de la présidentielle de 2002 fut au rendez-vous de l'incohérence.

Dans la suite de l'incohérence de la direction du Parti Communiste on peut se rappeler les élections municipales de 2014. Après avoir formé le Front de Gauche, avoir soutenu J-L Mélenchon en 2012, la ligne politique se brouille. La juste critique de la politique Hollande, qui aurait mérité plus de sévérité, s'accompagne d'accords honteux dans plusieurs villes importantes dirigées par des socialistes. L'argument, irréel d'incongruité, c'est qu'il s'agit de politique locale, alors que la politique Hollande affaiblit lourdement les finances locales. La gestion des élections régionales qui ont suivi est restée dans les mêmes ornières : l'électeur est largué entre alliances avec un Parti Socialiste, dont on combat à juste titre la politique nationale de son gouvernement, et mésalliance avec des formations politiques dont on partage les justes combats.

Passons à la dernière élection présidentielle. Début 2016 la direction du Parti Communiste semble se conformer à l'idée d'une primaire de toute la gauche. Ce choix, opportuniste, vise une possible victoire de Montebourg avec qui il serait possible de gouverner ensuite. Mais J-L Mélenchon n'est pas d'accord avec cette idée de primaire. Pendant plusieurs mois la direction du Parti Communiste a essayé de faire pression pour que J-L Mélenchon participe à la primaire. Il a fallu un vote des adhérents pour que le Parti Communiste soutienne officiellement la candidature de J-L Mélenchon, ce vote allant à l'encontre d'un vote des instances dirigeantes : on peut appeler cela démocratie, mais un minimum de cohérence ne ferait pas de mal. Cette incohérence a continué tout au long de la campagne électorale. En novembre un document d'économistes du Parti Communiste s'intitule "Le programme de Mélenchon va à l'encontre de ce pourquoi nous combattons". Curieusement et heureusement ce document est resté confidentiel mais sa parution est tout de même significative d'incohérence et de plus dans une forme inacceptable : on qualifie J-L Mélenchon de national-populiste.

L'Humanité fait un service minimum de soutien au candidat choisi par la base communiste. Exemple : un des thèmes principaux du programme de Mélenchon est l'écologie. Pendant toute la campagne sur le site du journal on voit en bonne position une vidéo de Gérard Le Puill, spécialiste (autoproclamé ?) d'écologie, expliquer que les propositions de Mélenchon sont foutaise.

Depuis l'élection de Macron les positions du Parti Communiste et de la France Insoumise divergent. La France Insoumise soutient que l'unité doit se faire dans les luttes, sur des objectifs clairs. Mais une unité de sommet entre organisations ne peut s'envisager que si on a des positions communes sur des sujets fondamentaux. L'Union Européenne, le nucléaire, l'Assemblée Constituante en sont certains sur lesquels il n'y a pas de consensus.

Les divergences sont faites pour être surmontées mais pas pour être cachées.

L'incohérence est peut être le résultat d'une ligne politique tortueuse sous l'effet d'un déclin inexorable.

Le communisme politique est à réinventer.

 

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09 mars 2018

Comprendre le dégagisme

Printemps arabe 2011 en Tunisie : les manifestants scandaient "Dégage !" à l'adresse de Ben Ali.

Dans tous les pays le dégagisme est à l'œuvre sous diverses formes. Brexit, élection de Trump, "nettoyage" au sein du pouvoir familial en Arabie Saoudite, résultats électoraux surprenants dans plusieurs pays européens, création de mouvements politiques utilisant le concept dégagiste pour contester le pouvoir capitaliste. L'élection de Macron est d'une certaine manière une réaction dégagiste de l'électorat (50% d'abstentions tout de même) : on dégage Hollande, le P"S" et la droite.

L'élection de Macron n'est pas le seul dévoiement du dégagisme. Remarquons que l'extrême droite récupère et dévoie les thèmes sociaux et dégagistes. Remarquons aussi que certains mouvements "dégagistes" n'ont pas de base idéologique anticapitaliste. Aussi, dans la phase actuelle, les résultats électoraux, par exemple les derniers en Italie, ne sont pas satisfaisant.

Il y a d'autres dévoiements du dégagisme. En Tunisie les progrès démocratiques se font attendre et le pouvoir est dans des mains peu recommandables. En Grèce A.Tsipras a été le premier à utiliser et à réussir le dégagisme, "socialistes" et droite ont été battus, mais il a cédé à l'intransigeance de l'Union Européenne, il sera lui aussi probablement dégagé.

Ces considérations nous permettent de caractériser la motivation dégagiste des peuples.

La crise actuelle du capitalisme est une circonstance aggravante de l'exploitation. Des classes sociales de plus en plus nombreuses sont appauvries. La baisse du niveau de vie s'accompagne de conditions d'existence dégradées : logement, santé, éducation, transports, malbouffe, ecologie. La réponse (non réponse) du système est une fuite en avant de la financiarisation de l'économie et donc de l'aggravation des problèmes sociaux.

Dans tous les pays où le pouvoir de la finance doit tout de même compter avec le suffrage universel, les partis sociaux-démocrates et les partis de droite se sont fait la courte échelle pour, dans une alternance au pouvoir, suivre avec zèle les injonctions des puissances financières. L'alternance sans alternative, l'idée inadmissible qu'il n'y a pas d'autre politique possible que celle imposée par la finance font que les élections deviennent l'occasion d'éliminer ces politiciens qui sont aux manettes depuis longtemps et qui, par leur docilité envers la finance, semblent n'être intéressés que par leur place. L'abstention massive est aussi un signe dégagiste (malheureusement passif) : les politiciens au pouvoir disent qu'ils ne peuvent rien contre la finance mondialisée (l'État ne peut pas tout, disait le malheureux Jospin, pour dire que l'État ne peut rien) alors pourquoi voter ?

Il est important pour les militants anticapitalistes de comprendre le sentiment dégagiste des peuples sous peine d'être dégagés ou de voir le dégagisme dévoyé.

Il faut absolument être au dessus de tout soupçon en ce qui concerne la complicité avec les politiciens tenants du pouvoir de la finance. Cela exclue donc toute alliance électorale avec les partis de ces politiciens. En ce sens l'alliance en France, dès le premier tour, avec le Parti "Socialiste" dans les élections municipales en 2014, là où le maire sortant était "socialiste", a été une lourde erreur de la direction deu Parti Communiste : on a prétexté le caractère local de ces élections, alors que la politique nationale imposée par le Parti "Socialiste" impactait lourdement et négativement les finances locales.

Il faut être attentifs aussi au fait que lorsque on exerce des responsabilités, par exemple à la direction d'une commune, on peut être perçus comme complices de la politique nationale, même si ce sentiment d'une partie de la population est souvent injuste. Il y a une réflexion à mener : comment gérer localement mais en combattant ouvertement la politique du pouvoir ? Il est absolument rédhibitoire que l'on puisse être soupçonnés d'accords politiques pour garder des places.

La proposition de la France Insoumise, convoquer une Assemblée Constituante, est l'expression la plus aboutie d'une stratégie dégagiste. Elle a vocation à être en concordance avec les aspirations populaires.

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03 mars 2018

Pour la défense du droit de vote

La démocratie ne se résume pas au droit de vote. Ce droit est nécessaire mais non suffisant. Pour

le bon fonctionnement de la démocratie il faut aussi une information libre et honnête.

Cette deuxième exigence n'est pas respectée quand les grands médias sont possédés par quelques

milliardaires. En France neuf milliardaires possèdent la quasi totalité de la presse d'audience

nationale et influencent plus ou moins directement l'audiovisuel. Les protestations effarouchées de

quelques multiéditorialistes-multicartes, assurant de leur indépendance ne sont pas

convaincantes : sur tous les grands sujets de politique et d'économie leur unanimité est la preuve

que le système médiatique est vicié.

Alors il est de bon ton parmi la caste journalistique de critiquer les choix des électeurs, brexit,

Trump, il est de bon ton de dire que les citoyens sont mal informés et victimes de falsificateurs.

Certains commencent à mettre en cause le droit de vote.

Un peu fort de café de mal informer les citoyens et d'en prendre prétexte pour ne pas reconnaître

la souveraineté du vote populaire.

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21 décembre 2017

Défiance vaccinale ?

Le professeur Philippe Sansonetti est invité ce matin à France Inter, le sujet est la vaccination.

On note une défiance importante de la population envers les vaccins. Le journaliste et l'invité cherchent à expliquer cette défiance. On évoque une campagne dangereuse menée par des groupes irresponsables.

Il y a effectivement une défiance vis à vis de la vaccination et elle s'insère dans une défiance plus large, défiance envers les laboratoires pharmaceutiques.

Mais il y a encore une plus large défiance et elle touche à la question du lien entre l'activité économique et le profit.

Plusieurs scandales ont révélé les agissements de certains laboratoires pour imposer des médicaments, pour cacher les effets indésirables très graves de certains médicaments, pour cacher leur activité financière illicite ou immorale.

Dans le domaine de la médecine, plus que dans d'autres domaines, le fait de gagner de l'argent sur la santé publique pose question. Gagner de l'argent d'abord, en soignant éventuellement est la logique malsaine de certains laboratoires. Soigner en gagnant de quoi investir pour prolonger l'activité et pour soigner encore mieux doit être la logique vertueuse de tout le système de santé.

Cette opposition de logiques se retrouve dans toutes les activités concernant de près ou de loin le Service Public. Gagner de l'argent d'abord en transportant éventuellement des voyageurs et des marchandises ou satisfaire aux besoins de transport de voyageurs et marchandises sans que ce soit la gabegie. Gagner de l'argent d'abord en faisant éventuellement de l'enseignement ou satisfaire aux besoins d'éducation en investissant à la mesure de ces besoins et des possibilités.

Gagner de l'argent d'abord, c'est le moteur de l'activité économique du système capitaliste dans sa phase néolibérale. On mesure les méfaits du fonctionnement de ce moteur. Les scandales financiers liés à ce fonctionnement en sont les traces mais le mal est plus profond, plus large. Pollution et malbouffe résument tous les aspects de ce mal.

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16 décembre 2017

Tectonique des classes. À propos d'un article d'Olivier Tonneau.

Quelques réflexions suite au stimulant article de Olivier Tonneau, blogueur à Médiapart : "Populiste ou Jacobin ?". O.Tonneau critique les thèses de Chantal Mouffe. Il affirme que ces thèses prônent un "populisme de gauche". Remarquons que la notion de populisme n'est revendiquée explicitement par personne. En revanche "populiste" est devenu une sorte d'insulte qui est adressé à beaucoup de monde sans que toutes et tous méritent cette insulte. Cette insulte n'est par ailleurs pas bien définie, comme n'est pas bien défini le concept de populisme lui-même.

Point de départ de l'article : O.Tonneau dit que C.Mouffe nous invite à différencier les adversaires des ennemis et donc transformer les antagonismes en agonismes, antagonismes opposant des ennemis, agonismes opposant des adversaires. En somme, l'agonisme serait un antagonisme soft.

Il y a des points forts dans la réflexion de O.Tonneau et sa critique doit être examinée attentivement. J'encourage tout le monde à lire l'article, en accès libre, sur le site de Médiapart.

Il me semble pourtant qu'il est nécessaire de sortir d'une confusion qui court tout le long de l'article. Confusion entre classes sociales d'une part et partis, mouvements politiques, qui représentent plus ou moins bien ces classes sociales d'autre part. Il est banal de constater que l'appartenance à une classe sociale n'est pas un sentiment individuel qui va de soi. En revanche, la satisfaction ou l'insatisfaction des intérêts d'une classe sociale impâctent lourdement la destinée individuelle, souvent largement en dehors de la conscience individuelle. C'est le rôle des partis et mouvements politiques d'œuvrer, avec plus de conscience individuelle et collective, pour la défense des intérêts de classe.

Il me semble donc que la société évolue d'abord par une sorte de tectonique, classe contre classe ou alliance de classes, et qu'ensuite les partis et mouvements politiques adaptent leur discours à ce mouvement. Remarque importante : la métaphore "tectonique des plaques" s'arrête là car les politiques peuvent influer sur le cours de la tectonique des classes.

Pour envisager une stratégie politique gagnante pour les classes populaires il est donc nécessaire d'analyser les oppositions d'intérêts entre classes, les possibilités d'alliances d'intérêts entre classes. Il est clair que les intérêts de la classe capitaliste et ceux des classes populaires sont irrémédiablement opposés. En ce sens la classe capitaliste est l'ennemi des classes polpulaires. Mais dans la conduite politique pour la victoire des classes populaires il faut envisager, construire, provoquer des alliances avec d'autres forces politiques. Cela ne peut se faire évidemment que pour des objectifs relativement limités mais qui donnent à la stratégie de victoire des points d'appui essentiels.

C'est la voie démocratique et pacifique pour le changement de société .

Aujourd'hui les classes populaires ne sont pas suffisamment représentées au niveau politique.

Première raison : le fait déjà indiqué que les intérêts de classe ne sont pas naturellement identifiés au niveau personnel, d'où l'abstention massive aux élections et la faible représentation au niveau législatif des partis politiques qui portent la défense de ces intérêts.

Deuxième raison, qui alimente aussi l'abstention : les échecs de l'expérience soviétique, les difficultés et les impasses des pays qui se sont engagés dans une transformation anticapitaliste de la société, les difficultés et les impasses des pays de l'Union Européenne étranglés par la dette, l'exemple grec étant le plus dévastateur, les trahisons des partis "socialistes" dans plusieurs pays.

Le système médiatique dominant œuvre à plein temps pour que la conscience individuelle soit retardée et pour que les raisons des difficultés ne soient pas identifiées.

L'action politique anticapitaliste doit donc toujours avoir comme premier souci l'impact médiatique. Ce n'est pas un appel à la modération, bien au contraire.

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11 décembre 2017

"L'ordre du jour" de Eric Vuillard

Ce n'est pas habituel, j'ai lu le dernier prix Goncourt, et je n'ai pas regretté. La première qualité de l'ouvrage est la concision qui ne peut être efficace, comme elle est ici, que par des idées claires et de la documentation sérieuse. La deuxième qualité est l'écriture, précise, élégante, sans chichis inutiles. La troisième qualité est la densité politique (que le mot "politique" ne décourage personne, la lecture de l'ouvrage est très agréable et intéressante) qui, de manière étonnante, se réalise à partir d'anecdotes qui ont la qualité de pièces de théâtre ou plus encore de scènes cinématographiques.

L'auteur nous place dans l'intimité des personnages qui sont au pouvoir, qui sont par leur position les acteurs principaux de la tragédie qui est en train de se nouer dont nous connaissons l'immense coût pour les peuples en vies humaines et en destructions matérielles, dont nous savons que l'impensable se réalise par la Shoah.

L'auteur  montre que la prise du pouvoir par Hitler n'était en rien inéluctable. Les proximité familière de Chamberlain et Ribbentrop, par exemple, les mises en scène, par moment comiques, lors de réunions officielles entre chefs d'état, la réunion des magnats de l'industrie convoquée par Goering pour obtenir le financement du parti nazi, etc...autant de faits qui rétablissent quelques vérités sur les responsabilités politiques du patronat allemand, des dirigeants anglais et français, des dirigeants d'autres pays européens, dont l'Autriche.

Il montre que la supériorité de l'armée allemande, de son incroyable avance technologique, est une fable. Ceci est à rapprocher de l'ouvrage de Marc Bloch "L'Étrange défaite".

"L'ordre du Jour" est le premier ouvrage récompensé à ce niveau de popularité qui rompt avec un lieu commun : expliquer le nazisme par une sorte d'hystérie du peuple allemand qui le pousse à suivre Hitler. Lieu commun qui se complète par la mise en parallèle des "totalitarismes", banalisation irresponsable du régime criminel nazi, et qui fait l'impasse totale sur les agissements des "élites" politiques françaises, anglaises, polonaises, etc...

"L'ordre du jour" est un premier pas dans la réécriture de l'Histoire de la prise du pouvoir par Hitler. Une réécriture car ce qui nous a été enseigné dans nos écoles depuis les années de guerre froide, est une bien mauvaise écriture.

On ne peut comprendre les agissements, les capitulations, les complicités qui sont démontrés dans le livre de Eric Vuillard, si on ne voit pas que le seul projet politique, l'obsession des "élites" politiques et économiques était "faire barrage au bolchévisme". "Plutôt Hitler que le Front Populaire" était le mot d'ordre du grand patronat français.

 

Posté par Angelo Ingarao à 16:45 - Commentaires [0] - Permalien [#]