Max Gallo, dans son roman "L'Ombre et la Nuit", décrit la situation politique des années trente et la défaite de 1940. Une scène m'a particulièrement marqué dans laquelle, en mai 1940, le personnage principal Bernard de Thorenc, qui combat valeureusement, se trouve dans une réunion de commandement. Le général qui commande dit qu'il faut cesser le combat en assortissant cela de considérations politiques qui sont directement issues de tout ce que l'"élite" n'a cessé de dire pendant la période précédant la guerre, particulièrement pendant la "drôle de guerre" : il faut organiser l'Europe pour la mettre à l'abri du bolchévisme, donc Hitler n'est pas l'ennemi principal, il est même l'allié pour cet objectif ; l'état major français se penchait dans cette période sur des plans d'invasion du Caucase, les puits de pétrole étant visés. De Thorenc s'insurge et risque d'être passé par les armes pour désobéissance, la majorité des officiers présents le considèrent comme politiquement responsable de la mauvaise tournure que prennent les combats : en gros, on vous l'avait bien dit qu'il ne fallait pas faire la guerre à Hitler.

La population française n'était pas acquise dans son ensemble à ces vues d'organisation européenne (De défense, quelle actualité ! ), mais certainement que la pression politique était forte et beaucoup, en toute honnêteté, pensaient qu'il fallait sauver la paix.

Il est certain qu'au moment de la débâcle militaire l'opinion majoritaire était : oui, on a eu tort de faire la guerre à Hitler (ce qui était faux, la France officielle de cette époque n'a pas fait la guerre à Hitler, malheureusement). Il est donc certain que ceux qui, comme de Thorenc, avaient milité pendant des années pour s'opposer à Hitler, ont dû s'entendre reprocher "on vous l'avez bien dit".

Dans la période actuelle (Moins dramatique ? L'avenir nous le dira) je ne supporterai pas que celles et ceux qui nous invitaient à participer à la primaire de "La Belle Alliance Populaire" (on ne rit pas !), nous invitent à passer par dessus bord un programme mis à la discussion depuis des mois, cohérent, chiffré, pour une alliance d'appareil avec Hamon, qui ne veulent pas voir que dans le programme "L'Avenir en Commun" il y a beaucoup, beaucoup de ce pourquoi elles, ils ont longtemps milité, qui font la fine bouche sur des questions accessoires, car sur le fond je n'ai rien entendu, je ne supporterai pas qu'en cas de défaite électorale nous disent "on vous l'avait bien dit".