Certaines personnes utilisatrices de réseaux sociaux ont des prétentions irrecevables. Elles veulent étaler leur opinion, ce qui est légitime, mais ne voudrait pas voir de critique. Un journaliste-dessinateur a crié au scandale, au lynchage, quand, pendant la campagne électorale de la présidentielle, ayant pris position contre un des candidats, ce qui est son droit, il s'est attiré moult commentaires et arguments pour contrer son point de vue, ce qui est tout à fait légitime et salutaire pour la démocratie. Les seules limites à la critique sont l'insulte et la diffamation, mais alors c'est la justice qui doit exercer la censure de ces dérapages.

Une prétention tout aussi irrecevable se manifeste aussi dans le journalisme en matière de caricature. Le droit à la caricature doit être défendu, là aussi dans les limites de l'insulte et de la diffamation. Mais il n'est pas malsain, bien au contraire, de dire aux caricaturistes ce que l'on pense de leurs caricatures. Il est tout à fait légitime de les trouver éventuellement de mauvais goût, déplacées, à contenu lamentable, raciste.

Dans le cas particulier du journal Charlie Hebdo, devrions-nous condamner toute critique de sa ligne éditoriale et de ses caricatures en raison de l'ignoble attentat dans lequel douze personnes dont sept journalistes ont été lâchement assassinés ?

Peut-on considérer que toute critique de Charlie Hebdo constitue une pré-justification, voire un encouragement, à un futur éventuel attentat ?

C'est pourtant ce que certains journalistes prétendent.

C'est une grave atteinte au débat démocratique qui doit constituer la base de l'activité médiatique.