On connait ces jeux de société qui font miroiter des gains faramineux : vous versez une somme d'argent pour entrer dans le jeu et vous devez, pour gagner, trouver des volontaires qui entrent à leur tour dans le jeu. Les mises successives permettent de payer les gains. Mais il est clair que si chaque entrant doit trouver trois ou quatre entrants, un calcul mathématique simple montre que très rapidement le jeu est bloqué, le nombre de personnes impliquées devient vite astronomique. Seuls les premiers initiateurs du jeu sont sûrs de gagner. Ces jeux, qualifiés de pyramidaux sont interdits mais ils continuent sous différentes formes à gruger des crédules. Parfois ces escroqueries se donnent une parure humanitaire, contre l'excision, pour l'ouverture d'orphelinats, pour promouvoir des activités culturelles...

 

Le capitalisme financier tel qu'il fonctionne aujourd'hui ressemble beaucoup à un système pyramidal. Mais les entrants dans le système boursier, petits porteurs, ne sont pas ou plus en mesure d'assurer la distribution de dividendes. Pour alimenter les profits boursiers il faut exploiter encore plus les travailleurs, les salariés, les classes moyennes. Ou, les deux n'étants pas incompatibles, faire éclater la bulle financière et mettre lourdement à contribution les petits actionnaires, voire les ruiner.

 

La crise c'est cela : un système pervers, en bout de course, qui ne peut se maintenir que parce que les oligarques ont les moyens politiques d'imposer l'exploitation et la confiscation.