"Les mouches ont changé d'âne" disait Roger Couderc, commentateur passionné de rugby, quand le cours du jeu s'inversait et que l'équipe qui était en difficulté reprenait du poil de la bête.

On pourrait reprendre cette métaphore pour d'autres situations et d'autres sens.

Il fut un temps où les journaux de la bienpensence, surtout "Le Monde", journal de "révérence", et "Libération", libertaire affiché mais libéral dans l'ultra, donnaient beaucoup de place aux "transfuges" du Parti Communiste Français. Garaudy, Juquin sont restés dans les mémoires. Les moindres dissensions, recueillies par des méthodes de voyeur à travers le trou de la serrure, étaient montées en épingle. Puis, petit à petit, "les mouches ont changé d'âne". Les enjeux à l'intérieur du Parti Communiste, dont la direction avait et a pour seule boussole "comment avoir des élus", au prix de savoir d'abord à quoi ils doivent servir, parti dont les militants admirables, héritage du passé largement dilapidé, représentent le seul signe de vie de ce parti sans tête et sans stratégie, les enjeux disais-je, ne sont plus intéressants, ne peuvent plus peser sur la politique du pays.

Ainsi par exemple le fait que la direction du Parti Communiste soit mise en minorité, fait qui n'a pas été négligé par les médias, aurait fait un tout autre tintamarre dans un contexte ou le Parti Communiste pouvait représenter ou participer à une alternative crédible.

Alors en ces temps d'établissement de listes pour les élections européennes, comme les places sont limitées, il y a des mécontents et des mécontentes. Et quand une mécontente quitte la France Insoumise, pour aller chez Hamon, vraiment quelle idée, une grande place lui est faite dans la bienpensence, en particulier dans "Libération".

Oui, les mouches ont changé d'âne et dans ce sens cela me réjouit.

Ce qui en revanche m'attriste, mais confirme que le sectarisme gagne en période de crise politique, c'est que des communistes se régalent de répercuter l'article de "Libération". Ils, elles ont la mémoire courte, et pourtant il n'y a pas si longtemps ils, elles, utilisaient l'expression "merdias".