"Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres".

On peut compléter cette idée de Gramsci en disant que dans ce clair-obscur il est difficile de garder le cap, et même les meilleurs se perdent.

Mordillat, mon écrivain préféré, celui dont j'ai dévoré tant de livres, même lui se perd.

Écoutons-le.

1) La gauche doit s'unir sinon on ne vote pas.

2) La gauche doit s'unir mais sans Mélenchon ni Besancenot.

3) La gauche doit s'unir pour gagner.

Que n'a-t-on pas entendu de réprimandes, condamnations contre les abstentionnistes. Mais que disent, plus ou moins consciemment les abstentionnistes ? "Vous continuez la même politique, droite ou "gauche", alors on ne vote pas". La menace de Mordillat ne propose aucun pas en avant sur la question. La gauche doit s'unir mais pour faire quoi ?

L'exclusion à priori de Mélenchon et Besancenot donne un aspect bizarre à la volonté affichée d'union. Ces deux exclusions ont en commun que la France Insoumise et le Nouveau Parti Anticapitaliste ont des positions claires sur le sujet de l'élection, c'est à dire sur l'Europe. Je ne veux ni ne peux défendre le point de vue du NPA.

En revanche le point de vue de la France Insoumise est : les propositions que nous faisons, politiques, sociales, écologiques, sont en contradiction avec les traités européens, nous disons donc qu'il faut sortir des traités.

S'unir pour gagner mais pour faire quoi ? Combien de fois la "gauche" a gagné sans que cela ne transforme rien du tout. Pour mémoire, du temps de Jospin premier ministre, douze pays sur quinze étaient gouvernés par la Sociale Démocratie mais rien n'a changé en Europe. Alors la coalition que Mordillat propose, on l'a déjà vue à l'œuvre : elle n'a aucune cohérence idéologique et finirait, dans le cas miraculeux où elle aurait un rôle à jouer, comme a fini Tsipras qui a capitulé et qui maintenant trahit.

Sans plan B il n'y a aucun plan.

Allez Mordillat, il faut retrouver ses esprits.