Dans la problématique des migrants, l'optimisme de la volonté est de se battre pour le respect des droits humains concernant les personnes exilées, de se battre pour un accueil digne et humain de ces personnes, se battre pour que le fait de s'exiler ne signifie pas automatiquement mise en danger de sa vie et mise sous la coupe de mafias de trafiquants, se battre pour porter secours à ces personnes qui risquent leurs vies dans une traversée désespérée de la Méditerranée.

Le pessimisme de la raison est, à partir d'une volonté de voir clair, de ne pas se faire d'illusions, de bien considérer la situation concrète afin de ne pas surestimer sa force dans un combat incertain. Mais une mauvaise utilisation du pessimisme de la raison peut être démobilisateur ou, même, avoir des conséquences indésirables.

Les causes du mouvement migratoire sont principalement :

1- Les guerres ; 2- Le pillage économique ; 3- Le dérèglement climatique.

Il y a un consensus à la gauche de la gauche sur cette caractérisation des causes.

Mais le pessimisme de la raison conduit certains à dire (je l'ai entendu tout récemment par un haut responsable syndical) : le phénomène migratoire est non seulement irréversible mais il va s'amplifier.

Autrement dit, ce pessimisme de la raison conduit à dire qu'on ne peut pas arrêter les guerres, qu'on ne peut pas arrêter le pillage économique qui se perpètre par des accords commerciaux avec lesquels les pays dominants, dont la France, tuent l'économie des pays dominés, qu'on ne peut rien faire en matière d'écologie et de prévention des risques.

Non, il n'y a rien d'inéluctable, ni de souhaitable, ni d'indésirable dans le phénomène migratoire.

L'optimisme de la volonté demande de lutter contre les guerres, contre la domination économique, contre les causes supposées du dérèglement climatique pour qu'une personne qui émigre le fasse par choix libre et non par contrainte.