Liberté dans tous les sens
La liberté de la presse est sacrée.
La liberté de critiquer la presse est tout autant sacrée.
La liberté du journaliste, de l'humoriste, du caricaturiste est sacrée.
La liberté de dire à un journaliste, à un humoriste, à un caricaturiste que sa copie est minable est tout autant sacrée.
La liberté de la presse, comme toute liberté, est limitée par la loi.
La liberté de critiquer la presse est tout autant limitée par la loi, surtout si la critique a une prétention de censure.
Patrick Besson se moque de l'accent de E. Joly dans le journal Le Point. On peut (on doit !) lui dire que c'est nul, minable. Cela ne remet absolument pas en cause la liberté de la presse.
Je veux donner un élément personnel. Bien qu'étant en France depuis très longtemps, le français n'étant pas ma langue maternelle, il me reste un soupçon d'accent. Mes amis des années lycée s'en moquent parfois mais plus en souvenir de mon parler dans ces années-là que de mon élocution actuelle. J'accepte de bonne grâce ces moqueries amicales, qui restent raisonnablement exceptionnelles. Mais, si au cours de ma carrière professionnelle, professeur de mathématiques, on avait émis des réserves sur ma compétence en raison de mon léger accent, j'aurais envisagé des procédures en justice pour me défendre.
La stigmatisation en raison d'un accent peut se prolonger dangereusement vers d'autres stigmatisations : physique, sexe, etc...Cela est puni par la loi.
L'article de P. Besson veut dire qu'en raison de son accent, E. Joly n'est pas digne d'être candidate à la présidence de la République. En ce sens on pourrait envisager des poursuites judiciaires contre P. Besson.
Mais laissons-le baigner dans sa médiocrité. Il a gâché un grand talent d'écrivain.